Le SNUDI-FO a été reçu par le conseiller social, Mr ALAL, du ministère de l‘Education Nationale le 04/01/2010 sur le dossier de la mastérisation de la formation des maîtres au titre de notre 3ème syndicat représentatif du 1er degré.
Le SNUDI –FO a rappelé son opposition fondamentale au projet de mastérisation.
Le conseiller social a présenté au syndicat lors de l’audience la maquette des épreuves d’admissibilité et d’admission du nouveau concours de recrutement des professeurs d’écoles (CRPE) applicables dès la session 2011 : épreuves d’admissibilité placées vers le 15/09/2010 et les épreuves d’admission en mai- juin 2011, la période séparant les deux séries d’épreuves étant réservé à une formation à « visée professionnalisante ».
Le conseiller social a expliqué à la délégation que le ministère met en place avec la mastérisation des parcours de formation individualisés intitulés « modules spécifiques de formation professionnelle » qui serviront également aux étudiants qui échouent au concours à se reconvertir vers d’autres voies professionnelles adossées à un parcours universitaire reconnu par un master.
Le SNUDI-FO a fait remarquer que rien n’avait été modifié dans l’organisation des épreuves du concours depuis la réunion multilatérale du 13/11/2010 au ministère dans laquelle les deux ministères ( Education Nationale et Enseignement supérieur) avaient présenté aux organisations syndicales la synthèse des décisions prises sur la base des rapports remis par les groupes de travail constitués sur la mastérisation. Lors de cette réunion, les organisations syndicales avaient toutes exprimé leur opposition à cette réforme et demandé le retrait des décrets du 29/07/2009 et des textes d’application qui en découlent. Bien au contraire toutes les orientations contenues dans les décrets et développées lors de la réunion du 13/11/2010 se retrouvent dans le projet de maquette du concours CRPE :
Le concours est maintenu en 2ème année de master, les étudiants sont tenus de préparer deux de sessions de concours en 6 mois tout en recevant un enseignement disciplinaire de master avec rédaction d’un mémoire, en effectuant 108 heures de stage d’observation ou de pratique accompagnée et 108 heures de stage en responsabilité, seuls dans une classe.
Comment dans ces conditions peuvent-ils être mis en situation de réussite d’un concours de plus en plus sélectif, au vu des suppressions massives de postes (plus de 3000 postes supprimés à la session de 2009) ?
Le 1/3 temps formation au cours de l’année de stage :
Le ministère reconnaît lui- même que la formation sera réduite, au nom de l’alternance, à un simple aller-retour entre quelques vagues sessions de formation dont l’organisation serait confiée aux universités elles-mêmes devenue autonomes ou à « des opérateurs externes ou internes les plus appropriés » ;
Il n’a pas démenti que cette formation pourrait être assurée par des organismes privés. A la question de savoir si l’administration financerait dans ce cadre des cours de langues chez Berlitz pour des jeunes recruté n’ayant pas un niveau suffisant pour assurer l’enseignement des langues vivantes Les représentants du MEN n’ont pas démenti cette possibilité de recours à un organisme privé sauf à préciser qu’avec la mastérisation un étudiant aura obligatoirement le niveau requis pour enseigner les langues vivantes à l’école primaire.
A plusieurs reprises les représentants du ministre ont insisté pour expliquer que ce 1/3 temps de formation pourra avoir lieu dans les établissements scolaires, sous la forme de simples visites de formateurs.
Le ministère réfléchit, à ce propos, à la création de la « fonction de tuteur » qui ouvrirait droit à une rémunération en HS sans décharge de services. Ce point s’intégrant d’ailleurs dans les discussions à venir sur la Pacte de carrière.
La délégation a fait remarquer qu’un étudiant en master 2 (master1 pour cette année) ou qui obtient le master 2 l’année prochaine peut donc se retrouver en charge de classe dès septembre 2011 sans avoir reçu aucune formation professionnelle, sans avoir mis les pieds dans une classe pendant tout le master. Les représentants du ministre ont confirmé.
C’est le cadre national de la formation des maîtres qui est mis en cause au profit d’une individualisation - privatisation de la formation.
La délégation a exprimé également ses inquiétudes quant à l’avenir immédiat des étudiants PE1 ou inscrits en master 1 au concours (année transitoire) cette année et a demandé que tous les étudiants puissent obtenir la validation de leur année de préparation au concours comme équivalent de master 1.
Le ministère s’est engagé sur cette mesure pour les étudiants reçus au concours et a précisé que tous les cas dont la délégation aurait connaissance pour lesquels cette validation ne serait pas appliquée devraient lui être soumis.
Aucun engagement n’a été pris pour les étudiants qui n’auront pas le concours d’obtenir l’équivalence master 1 et donc de pouvoir le repasser l’année prochaine s’ils ne peuvent s’inscrire en master 2.
Responsabilité des étudiants en cas d’accident d’élève :
Les représentants du ministre sont restés sans réponse quand à la responsabilité pénale des étudiant en stage en cas d’accident d’élève si ce n’est pour indiquer qu’ « au civil l’Etat est responsable alors qu’au pénal chacun demeure individuellement responsable de ces actes »
Sur la question des stages, le ministère a déclaré qu’ « aucun étudiant ne peut juridiquement être tenu de faire un stage d’observation ou de responsabilité pour se présenter au concours ». « Le stage ne peut pas être une condition pour se présenter au concours ni pour cette année ni à partir de 2011 ».
La titularisation interviendra à la fin de l’année de stage en responsabilité dans une classe (qui suit immédiatement le concours). Le recteur prononcera la titularisation sur la base d’une inspection.
Le conseiller social a précisé que cette modalité est provisoire étant donné le chantier de l’évaluation qui sera ouverte au cours de l’année 2010 dans le cadre du pacte de carrière du L. Chatel.
Il a précisé à cette occasion : « Le taux de titularisation va diminuer. La titularisation formelle c’est fini »
Preuve est faite s’il était nécessaire que la mastérisation est une arme de destruction du statut et que tos les arguments pédagogiques et professionnels tombent les uns après les autres. L’abandon complet des décrets et circulaires instituant la mastérisation reste la seule revendication utile.