Plus de 12 000 signatures ont été déposées sur le bureau du ministère pour exiger le réemploi des EVS
(5 000 autres signatures sont annoncées par les sections départementales)
Le 21 mai, à l'appel de la FNEC FP Force Ouvrière de l'Yonne, un rassemblement d'EVS de ce département, mais aussi du Var, de Seine Saint Denis, du Val d'Oise, des Yvelines, de l'Essone et des Côtes d'Armor, d'une quarantaine de personnes a eu lieu devant le ministère de l'Economie et de l'Emploi.
Une délégation composée de Claude Charmont (secrétaire fédéral), Reynald Millot (secrétaire national du SNUDI), Raymond Plautz (EVS Yonne), Dalida Zitouni (EVS Var), Gilles Hervé (EVS Côtes d’Armor), Corinne Level (EVS Val d’Oise), Sylvie Raout (EVS Yvelines) et Rachel Fofana (EVS Seine Saint Denis) a été reçue par Monsieur Lavergne, membre du cabinet de Monsieur Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi.
La délégation a demandé que soit pris des dispositions en urgence pour que soit actés dans les départements :
l le réemploi de tous les EVS,
l la mise en place de formations professionnelles qualifiantes permettant aux EVS d'accéder à un véritable emploi au terme de leur contrat,
l la transformation des emplois précaires EVS en véritables emplois statutaires de la Fonction publique, ainsi qu'un accès facilité à ces emplois pour les actuels EVS qui le souhaitent.
A l’exigence de réemploi , la réponse de M. Lavergne fut : « L’option du ministère, ce n’est pas « on ne renouvelle pas », cela dépendra des situations individuelles. Nous sommes en train de travailler à un accompagnement en fin de contrat avec l’ANPE ».
La délégation : « que signifie exactement : ce n’est pas « on ne renouvelle pas ? ».
M. Lavergne : « Pour ceux qui sont en fin de contrat, il n’y aura, conformément aux textes, aucun renouvellement. Pour ceux qui sont en cours de contrat, le renouvellement se fera au cas par cas ».
La délégation : « Dans l’Yonne, dans l’Aube, dans les Côtes d’Armor…, il n’y a aucun renouvellement. Dans les Bouches du Rhône, tous les CAV ont été renouvelés jusqu’à 36 mois. Ce n'est pas possible ! Nous demandons que tous les CAE, CAV soient réemployés mais nous exigeons aussi qu’au moins les textes soient respectés : 36 mois pour tous les CAV, 60 mois pour les CAV handicapés ou âgés de plus de 50 ans. Cette dernière clause, pour les collègues handicapés ou âgés de plus de 50 ans ne s’applique pratiquement jamais. De même la formation était prévue par les textes et nous n’en avons jamais eue ! Le ministère va-t-il faire respecter les textes ? ».
M. Lavergne : aucune réponse !
La délégation : « des instructions seront-elles données pour que soit assuré le réemploi de tous ceux qui ne sont pas au terme des 24 ou 36 mois ? »
M. Lavergne : « Une circulaire va être adressée aux entités territoriales afin que les situations soient étudiées au cas par cas et que l'ANPE assure un accompagnement personnalisé pour un retour à l'emploi... »
Le ministère n'a donc concédé aucune garantie quant au réemploi des EVS qui ne sont pas au terme des 24 ou 36 mois.
Un cynisme inacceptable !
La délégation a largement insisté sur les témoignages des enseignants qui soulignent l'importance des EVS dans le bon fonctionnement quotidien des écoles, leurs compétences acquises, leur investissement professionnel, mais aussi leur situation dramatique.
Réponse de M. Lavergne : « Quand vous avez été embauchés, vous saviez que c’était en CDD et que vous auriez une fin de contrat. Moi, jusqu’à 40 ans, j’ai été en contrat de saisonnier dans les mairies d’Ivry, Vitry et Villejuif ...».
La délégation : « Vous êtes toujours en contrat saisonnier ? »
M. Lavergne : « Non, je suis énarque ». (sic !).
Aux appels à l'aide de milliers de salariés qui vont se retrouver au chômage fin juin, aux familles dans la détresse financière, le représentant du ministre répond par le cynisme et l'indifférence.
En défendant les EVS, c'est l'emploi statutaire que l'on défend, car ce qu'ils font aujourd'hui aux EVS, c’est ce qu'ils entendent faire demain aux enseignants.
C'est le sens des attaques actuelles contre le statut des fonctionnaires, c'est ce que veut faire X.Darcos avec sa réforme de l'école.
En conclusion, la délégation a demandé que le ministère s’engage à étudier favorablement les dossiers individuels que nous lui présenterions. Très réticent (« les dossiers doivent être traités au niveau territorial »), M. Lavergne a accepté du bout des lèvres à condition « de ne pas en avoir 5 000 ».
Des centaines d'EVS sont de nouveau sans emploi depuis cet automne, des milliers vont l'être demain. Nous ne pouvons pas attendre une hypothétique circulaire du ministère.
Pour la FNEC FP Force Ouvrière, c'est sans attendre qu'il faut amplifier la mobilisation, avec les Unions départementales, y associer les parents d'élèves, les élus.
A l'issu de cette audience, après un compte rendu de la délégation aux EVS rassemblés devant le ministère, proposition a été faites de :
l continuer les délégations aux IA, aux Directions régionales du travail, aux Conseils généraux, aux Préfectures, en liaison avec les Unions Départementales Force Ouvrière,
l continuer de rencontrer les élus (maires, députés, sénateurs...) pour demander leur soutien,
l constituer les délégations qui se rendront le 28 mai à 14 h au ministère de l’Education nationale.
Tous ensemble, EVS, enseignants, parents d'élèves, élus exigeons :
l le réemploi de tous les EVS qui le souhaitent,
l la mise en place de formations professionnelles qualifiantes permettant aux EVS et AVS d'accéder à un véritable emploi au terme de leur contrat,
l la transformation des emplois précaires EVS/AVS en véritables emplois statutaires de la Fonction publique, ainsi qu'un accès facilité à ces emplois pour les actuels EVS qui le souhaitent.
Depuis cette délégation au ministère, plusieurs dizaines d’EVS se sont réunis dans l’Allier. A Paris, dans l’Ain… des initiatives sont annoncées à l’appel de FO et parfois avec d’autres organisations…
La situation ne peut rester en l’état !
Monsieur WAUQUIEZ doit nous recevoir !