Lire le SNUDI-inFO spécial retraites - dossier retraites
Les récentes déclarations du Premier ministre Fillon et du ministre Darcos indiquent clairement les intentions du gouvernement :
- Remise en cause du calcul de la pension sur la base des 6 derniers mois de traitement dans la fonction publique (75% du traitement brut des 6 derniers mois)
- Augmentation de l’âge légal de départ en retraite.
Les choses sont très claires : le gouvernement veut remettre en cause les retraites et pensions de tous les salariés. Des retraites plus basses pour tous et une retraite plus courte ! Il prétend dissimuler ses objectifs par le tintamarre médiatique autour de la pénibilité et autour de l’égalité de traitement entre fonctionnaires et salariés du privé.
Cela confirme que comme nous l’écrivions, 2010 s’annonce comme l’année de tous les dangers. Le gouvernement n’en fait pas mystère, il veut continuer et amplifier ses contre – réformes pour favoriser l’investissement privé, c’est à dire le capital financier.
Et ses contre – réformes, nous le savons tous, portent d’abord sur la remise en cause des retraites et pensions, sans oublier la poursuite de la destruction des services publics ( école – poste – hôpitaux...) et du statut des personnels.
Dans ces conditions, une question essentielle se pose :
Peut –on les arrêter et comment ?
Parce que nous sommes le nombre, nous sommes la force, la réponse est simple, évidente : tous ensemble dans l’action commune, efficace, c’est à dire la grève jusqu’à satisfaction, la grève interprofessionnelle sur de bases claires.
Cependant, cette réponse évidente suppose :
- qu’il soit mis un terme à ces journées d’action et grève saute mouton sans objectif défini (lire page 2)
- que les organisations syndicales répondent enfin à la proposition de FO de se réunir et d’appeler en commun à la grève interprofessionnelle avec assemblées générales dans les services et les entreprises pour définir les revendications.
Car l’unité est possible. Mais n’est-ce pas dangereux de la part d’organisations syndicales de demander la discussion sur le code des pensions, que précisément le gouvernement veut remettre en cause? N’est-ce pas diviser les salariés que de vouloir discuter dans un cadre général de la pénibilité ? N’est ce pas glisser sur le terrain de la retraite à la carte ? La pénibilité est à estimer, selon François Chérèque (CFDT), suivant l’âge, le métier, le lieu, le sexe… des salariés. Finis avec ce genre de « programme » les droits collectifs négociés!
Pour FO les revendications concernant les retraites doivent être clairement établies :
1) Maintien de la retraite à 60 ans
2) Non à tout nouvel allongement de la durée de cotisation
3) Maintien du code des pensions des fonctionnaires
4) Maintien du calcul de la pension sur les 6 derniers mois
Sur ces revendications l’unité est tout à fait possible. Lors de son dernier congrès du mois de février 2010, dans une résolution sur les retraites, la FSU déclare :
« Pour les fonctionnaires, le gouvernement envisage également de dégrader encore les pensions en supprimant la référence des 6 derniers mois dans le calcul du montant des pensions » ; « la FSU se prononce contre une nouvelle dégradation des retraites et pour la défense du code des pensions » ; « Elle s’oppose à l’alignement des régimes de retraite » ; « Pour la FSU, il s’agit de répondre aux revendications des salariés pour obtenir une retraite à taux plein et garantir le départ à 60 ans selon les modalités propres aux différents régimes. »
A la CGT les adhérents sont loin d’approuver « la maison commune des retraites » préconisée par Bernard Thibaud il y a quelques semaines. Les remous importants contre la politique de la direction de la CGT qui ont eu lieu en interne lors du dernier congrès de cette confédération, laissent à penser que dans cette organisation, les adhérents ne veulent pas se laisser dépouiller de leurs conquêtes sociales sans réagir. Ainsi un amendement au document d’orientation adopté par le 49ème congrès confédéral affirme : « la CGT entend arrêter la spirale de l’allongement de la durée de cotisation que prévoit Fillon » et il est nécessaire de « préserver les régimes actuels qui répondent chacun à des conditions d’acquisition de droits et de financement spécifiques aux grands secteurs professionnels du privé et du public ».
On l’aura compris, l’unité de tous pour véritablement défendre les retraite est possible. Elle est capital pour l’avenir de tous les salariés de ce pays. C’est à cela que travaille Force Ouvrière. C’est aussi pourquoi nous vous appelons à rejoindre le SNUDI-FO.
Fabien Vasselin et Céline Delplanque