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Enseignement des langues vivantes : questions/réponses

Enseignement des langues vivantes : questions/réponses
septembre 2005

Depuis cette rentrée, l’enseignement des langues vivantes devient obligatoire en CE 2, à l’instar du CM 1 et du CM 2. Cette obligation se faisant à moyens constants. L’Etat se désengage et fait porter la responsabilité de ses décisions sur les collègues dans les écoles. A eux de se débrouiller pour que l’enseignent des langues soit effectif !

1) Une enseignante sortante de l’IUFM est-elle considérée systématiquement comme habilitée à l’enseignement des langues vivantes ?
Pour cette année et la prochaine rentrée, la réponse est non. Pour être habilité, il faut l’être par une commission ad hoc. Les stagiaires IUFM sont habilités automatiquement si, et seulement si, ils ont suivi, lors de leur année d’IUFM, des cours de langue vivante validés par l’IUFM (mais attention, certaines académies dérogent à la circulaire n° 2001-222 du 29 octobre 2001).
Pour la rentrée 2007-2008, l’obtention d’une certification en langue vivante aura été obligatoire pour pouvoir s’inscrire au concours externe de mai 2006. Cette certification sera équivalente à une habilitation.
L’habilitation est valable dans une seule langue. Une enseignante peut être habilité dans plusieurs langues, mais l’administration ne peut pas imposer l’enseignement de l’anglais à une collègue habilitée en allemand et vice versa.

2) Une sortante IUFM habilitée en langue(s) vivante(s) est-elle tenue les enseigner :
a) Dans sa classe ? L’enseignement des langues vivantes est obligatoire en CE 2, CM 1 et CM 2. Comme elle est habilitée, elle est tenue d’enseigner ces matières comme une autre matière.
b) Dans une autre classe ? La circulaire n° 99-093 du 17 juin 1999 préconise : " Tous les maîtres du premier degré, (...), peuvent enseigner une langue étrangère sous réserve qu’ils aient été habilités par la commission ad hoc. Ils le font dans leur propre classe ou par échange de service ; cette pratique doit mériter toute l’attention des directeurs d’école et des équipes pédagogiques au moment de l’organisation des services d’enseignement. ". Et pour les sortants IUFM : " Les professeurs des écoles sortant IUFM, titulaires d’un diplôme de langue vivante étrangère, qui ont suivi une formation spécifique validée durant leur formation initiale, seront fortement incités à prendre en charge cet enseignement dès leur première affectation. ". Nous conseillons donc aux collègues de faire intervenir leur section départementale, afin d’intervenir auprès de l’IEN, car " fortement incités " ne veut pas dire obligés, d’autant que ces décloisonnements peuvent perturber de jeunes collègues qui n’aspirent qu’à apprendre leur métier dans de bonnes conditions. Il faut rappeler également aux sortants IUFM, et à d’autres, que les décloisonnements (matières et nombre) sont organisés par le conseil des maîtres sur la base de la liberté pédagogique de chacun des maîtres. Il n’y a aucune obligation pour un(e) enseignant(e) de décloisonner. D’ailleurs, cette circulaire ne l’impose pas. Cela ne peut se faire que sur la base du volontariat.
Attention  : des IA s’appuient sur la circulaire de rentrée (n° 2005-067 du 15/04/05 - BO n° 18 du 05/05/05) pour affirmer que les décloisonnements sont obligatoires. C’est bien évidemment faux. Il n’y a rien dans cette circulaire, ni dans aucune autre, qui pourrait nous imposer de décloisonner.

3) Et pour les autres collègues ?
Ce qui vient d’être dit est bien évidemment valable pour les collègues plus anciens (il n’y pas deux sortes de titulaires).

4) Une collègue a eu au mouvement un poste fléché langues vivantes. Est-elle tenue de les enseigner dans une autre classe ? Cette question renvoie à la réponse concernant les sortantes IUFM du point 2b. De fortes pressions vont exister sur les collègues car l’administration considère que l’obtention de ces postes lie les collègues par une sorte d’engagement. Il est donc important que la section syndicale intervienne auprès de l’IEN. Si possible, en fonction de la situation concrète dans l’école, le conseil des maîtres (l’échange de service et le décloisonnement se font à plusieurs) peut prendre position contre les échanges de service ou décloisonnement imposés.

5) Une collègue non habilitée peut-elle enseigner les langues vivantes ?
Pour enseigner une langue vivante, il faut avoir été habilité par une commission ad hoc. Si ce n’est pas le cas, et même si elle a eu un poste fléché par erreur, et si le collègue ne souhaite pas décloisonner, l’enseignement des langues vivantes étant obligatoire dans les classes du CE 2 au CM 2, c’est donc à l’administration de fournir un personnel extérieur.

6) Dans certains départements, l’IA impose une classe de cycle 3 aux collègues ayant obtenu un poste fléché langue vivante ou ayant l’habilitation (par exemple du CE 2 et CM 2). En a-t-il le droit ?
Deux décrets apportent une réponse clairement négative à la question posée. C’est le directeur de l’école qui est chargé de répartir les moyens d’enseignement (décret n° 89-122 du 24 février 1989, article 2 alinéa 4) après avis du conseil des maîtres (décret n° 90-788 du 6 septembre 1990, article 14 alinéa 4).

7) Un collègue peut-il se " déshabiliter " ?
Le secrétariat national est mandaté par le bureau national pour poser cette question au Ministère.

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