Montreuil le 19 avril 2010
à Monsieur Luc Chatel
Ministre de l’Education nationale
Monsieur le Ministre,
Le Conseil Économique, Social et environnemental a publié le 10 avril son rapport intitulé «La Pédopsychiatrie : Prévention et prise en charge» présenté par M. Jean-René Buisson.
Dans cet avis qui traite de la détection des troubles psychiques chez l’enfant, de l’accompagnement, du travail en réseau avec le secteur médico-social les enseignants et les parents, les psychologues scolaires sont particulièrement absents.
Ce rapport préconise entre autres :
- de « Créer un réseau de psychologues associés auprès de chaque académie «Chaque académie serait dotée d’un réseau de psychologues référents et d’associations spécialisées auxquels les enseignants pourraient s’adresser en cas de difficulté: doute sur un repérage, incompréhension des parents, etc.»
- de « doter les psychologues d’un véritable statut pour l’exercice libéral de cette profession »
- d’« associer l’école au repérage des troubles »
- « dans l’objectif de permettre aux enseignants de jouer un rôle dans le repérage et la prévention, par une formation initiale et continue. »
Or l’Education nationale compte dans ses rangs plus de 3000 psychologues scolaires dont une des missions spécifiques est la prévention et le dépistage des difficultés de l’enfant dès l’école maternelle (circulaire d’avril 1990) et qui de fait, sont très souvent les premiers interlocuteurs des enseignants.
Selon les auteurs «Toutes ces propositions poursuivent un objectif commun, impliquer l’enseignant dans ce repérage et lui permettre d’accéder à un réseau. «- Les enseignants sont par nécessité, largement impliqués dans le repérage des difficultés des enfants sans qu’il soit utile de le faire davantage sauf à vouloir les substituer aux psychologiques scolaires.
Les psychologues scolaires reçoivent une formation d’un an en centre de formation et leur professionnalisme est indispensable au bon fonctionnement des écoles.
Les enseignants, les élèves ont besoin de psychologues scolaires disponibles dans les écoles au quotidien. C’est pourquoi l’idée d’un réseau associé à chaque académie auquel pourraient s’adresser les enseignants ne correspond à aucune demande.
C’est pourquoi nous vous demandons de ne pas retenir les préconisations de ce rapport.
Sachant que vous comprendrez le sens de ma démarche, veuillez agréer Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.
Norbert Trichard
Secrétaire général