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Protection social, plan de rigueur : le gouvernement prépare un plat à la grecque.

derr.jpgProtection social, plan de rigueur :

                  le gouvernement prépare un plat à la grecque.

 

 


mardi 11 mai 2010
Protection sociale
M. SARKOZY N’A PAS RASSURÉ SUR LES RETRAITES

Le dossier pourrait faire les frais du tour de vis budgétaire confirmé lundi par le Chef de l’État. Pour FO, son appel à une journée de grève interprofessionnelle le 15 juin reste plus que jamais d’actualité.

 

«Certains voudraient voir une inflexion (…) dans notre politique économique. Je veux m'inscrire en faux contre cette interprétation. Nous devons mener non une politique de rigueur, mais une politique responsable», a déclaré le chef de l'État, Nicolas Sarkozy, lors du sommet réunissant à l'Élysée lundi le patronat et les cinq centrales syndicales. Depuis l'annonce jeudi de réductions drastiques des dépenses publiques et sociales (voir notre article du 8 mai 2010), le pouvoir exécutif s’emploie à jouer sur les mots, mais personne n’est dupe. «Le président de la République se refuse à utiliser le terme de rigueur, il parle de gestion responsable, il n'en reste pas moins que pour nous, deux éléments mènent à la rigueur, la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui risque de s'amplifier et la réforme des retraites», a répliqué ainsi Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

Car, la France est d’autant plus engagée dans la voie de l’austérité que l’exécutif a refusé de reconduire les rares mesures «anticrise» prises en 2009 pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes (prime exceptionnelle de 150 euros versée l’an dernier à environ trois millions de foyers, suppression de deux acomptes dus au titre de l'impôt sur le revenu 2008…). Elles ne seront pas prolongées afin «d'engager le redressement des finances publiques», a justifié le président qui, dans le même temps, n’a renoncé ni au bouclier fiscal ni au dispositif de détaxation des heures supplémentaires. Une logique perverse, qui selon FO va non seulement pénaliser la croissance économique mais aussi affaiblir le pacte social et républicain et accroître les inégalités sociales dans un pays loin d’être sorti de la crise.


Sur les retraites, M. Sarkozy a promis une «réforme» qui «renforcera l'équité du système par un effort financier supplémentaire des hauts revenus et des revenus du capital», a-t-il affirmé tout en fermant la porte à toute hausse des «prélèvements obligatoires». Pour lui, réformer le système de retraites relève avant tout d’un «défi démographique» qui nécessite une « réponse démographique». Une manière implicite d’afficher sa préférence pour l’allongement de la durée de cotisation et/ou le report de l’âge de départ à la retraite, deux options défendues à longueur d’ondes par son gouvernement et sa majorité.


«Nous ne pouvons pas accepter que les salariés, déjà lourdement percutés par la crise, voient leurs droits sociaux en matière de retraite remis en cause, notamment par un allongement de la durée du travail: durée de cotisation et/ou report du droit à la retraite à 60 ans», a prévenu Jean-Claude Mailly. Sur ce dossier, FO organise, le mardi 15 juin une grève interprofessionnelle assortie d’une manifestation à Paris.

 

http://www.force-ouvriere.fr/
samedi 8 mai 2010
Plan de rigueur
LE GOUVERNEMENT PRÉPARE UN PLAT À LA GRECQUE

Pour complaire aux agences de notations financières, le Premier ministre, François Fillon est disposé à des réductions drastiques dans les dépenses publiques et sociales.

L’occasion fait le larron. «On doit restaurer les grands équilibres de nos finances publiques parce que je ne voudrais pas qu'on se trouve dans la situation de la Grèce, je ne voudrais pas qu'on perde notre notation qui est aujourd'hui "AAA" (la plus élevée, ndlr)», a fait valoir jeudi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public. Elle prétendait ainsi justifier le plan de rigueur annoncé sur TF1 la veille par le Premier ministre, François Fillon, et confirmé lors de ce raout ministériel. «Pour conserver cette signature de la France, qui est aujourd'hui, avec l'Allemagne la meilleure (…) en Europe», M. Fillon semble prêt à tout pour atteindre l'objectif de ramener en 2013 le déficit public à moins de 3% du produit intérieur brut, conformément au diktat du Pacte de stabilité européen. Pour FO, ces annonces constituent les premiers ingrédients d’un plat «à la grecque» inacceptable.

Alors que depuis un moment les dépenses publiques n’évoluent qu’à peine au niveau de l'inflation («zéro volume »), il veut désormais les voir geler à leur montant actuel («en valeur») pour les trois ans à venir, hors charges d’intérêt de la dette. Les dépenses courantes de l’Etat diminueraient alors de 10% sur la période (-5% dès 2011). La politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la à la retraite sera poursuivie bien qu’elle ait déjà détruit environ 100.000 emplois. Le pouvoir d’achat de l’État étant ainsi réduit, le gel des salaires des agents publics ne serait pas exclu. Par ailleurs, les «opérateurs de l'Etat» (universités, musées, Météo France, Pôle emploi, etc.) sont également visés par ces «efforts de productivité». Les dépenses d’intervention, comme les aides à l'emploi (contrats aidés...) ou les aides sociales (aide au logement, allocation adulte handicapé...) n’échapperaient pas non plus au coup de rabot. M. Fillon a mis en avant enfin «la nécessité de réduire les niches fiscales et sociales» (sans préciser lesquelles) pour économiser 5 milliards en deux ans.


«On fait un plan d'austérité, on est en train de refroidir la machine économique. On n'est même pas encore sorti de la récession qu'on risque de retomber dans une décroissance (...), on est en train de préparer les Français à la diète», a dénoncé vendredi le leader de FO Jean-Claude Mailly, avant d’ajouter: «On va finir par dire: nous sommes tous des travailleurs grecs!». Après ces annonces du Premier ministre, le «sommet social» qui réunira ce lundi patronat et syndicats à l'Elysée risque d’être quelque peu tendu.

http://www.force-ouvriere.fr/
Information du Secteur Presse - Communication daté du lundi 10 mai 2010

Le Parisien | Dimanche 9 Mai 2010
INTERVIEW DE JEAN-CLAUDE MAILLY: «UNE SÉVÈRE CURE D’AUSTÉRITÉ»
 

Comment jugez-vous le plan d’aide international à la Grèce?
Jean-Claude Mailly: Il était nécessaire. Ceci étant, c’est une vraie purge pour les salariés grecs. On a vu les réactions et il y en aura encore, car les contraintes imposées par l’Union européenne et le FMI auront des conséquences lourdes sur les salaires, les retraites et le pouvoir d’achat du peuple grec. C’est très regrettable, même s’il est vrai que le gouvernement précédent avait maquillé les chiffres avec l’aide de Goldman Sachs.

Les Français vont-ils être soumis à la même potion amère?

Réaffirmer comme l’a fait François Fillon que l’on va geler en volume les dépenses publiques et sociales jusqu’en 2012, et ainsi revenir en 2013 aux critères de Maastricht avec un déficit public à 3 % du PIB, cela implique une sévère cure d’austérité ! Or, malgré les promesses sur une nouvelle régulation de la finance mondiale, les attaques spéculatives continuent. Tant au niveau du G 20 qu’européen, rien n’a été fait pour moraliser les marchés. Les salariés ont le sentiment d’avoir pris la crise en pleine figure. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux ont été mis au chômage partiel. Le chômage a augmenté et grimpe encore. Il y a quelques semaines, on nous expliquait que la récession était terminée. Et voilà qu ’aujourd’hui le discours a changé. C’est un peu comme si un médecin disait à un malade : « Cela va beaucoup mieux, soyez rassurés, mais je vous préviens, je vais augmenter la chimiothérapie »...

Avez-vous des assurances sur l’avenir des mesures anticrise de l’an dernier?

Aucune. Nulle garantie notamment sur l’exemption des deux tiers d’impôt sur le revenu pour les ménages modestes. J’ai le sentiment que cette mesure ne sera pas reconduite... Ce sommet doit faire le point sur les questions économiques, industrielles et d’emploi. FO compte aussi proposer une série de pistes pour relancer la croissance dans les trois prochaines années. Mais cela coûte un peu d’argent. Si le gouvernement donne un tour de vis supplémentaire, il ne pourra rien faire.

Craignez-vous la suppression de certaines aides aux particuliers et le maintien de celles aux entreprises, au nom de la compétitivité?

Les aides fiscales et sociales accordées ces dernières années aux entreprises ont été nombreuses. Sous couvert de « compétitivité », et parce qu’ils ont toujours peur de la réaction des marchés, les gouvernements hésitent à les remettre en cause. Dans notre pays, l’urgence consiste à faire une grande réforme fiscale. La crise a entraîné un développement important des inégalités. Il faut mettre davantage de justice dans notre politique fiscale, et bien sûr oeuvrer à la relance de l’économie. Voilà nos deux priorités.


PROPOS RECUEILLIS PAR SÉVERINE CAZES

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