Livret personnel de compétence (LPC) :
Compte-rendu de l’audience au ministère
Le ministère de l’Education nationale a invité le 21/06/2011 l’ensemble des organisations syndicales du 1er degré pour leur présenter la nouvelle version du LPC (Livret Personnel de Compétences) qui devrait connaître une phase expérimentale d’un an avant sa généralisation à toutes les académies, comme annoncé dans la circulaire de rentrée 2011.
Il s’agirait d’après le ministère « d’adosser le livret scolaire sur un livret de référence numérique dénommé LPC numérique».
Le ministère, partant du constat que les enseignants doivent remplir deux livrets actuellement, le livret scolaire et le LPC, reconnaît que la charge de travail des enseignants s’est considérablement alourdie et que « l’utilité du LPC n’est pas bien perçue par nos collègues ».Il propose en fait de maintenir un seul livret réduit à la validation de compétences dans une version numérisée.
L’inspection générale, après enquête, ayant conclu à une très grande hétérogénéité des livrets scolaires dans le 1er degré, préconise de revoir le livret scolaire dans la forme comme dans le fond.
Ainsi la version papier du livret devrait être abandonnée, le livret ne devrait connaître qu’une seule forme avec « possibilité d’adaptation au contexte local », ce que le ministère appelle « le respect de la liberté pédagogique de chaque enseignant dans le cadre de références communes ».
A propos du logiciel CERISE, le ministère affirme que l’exigence de sécurité serait pris en compte, que l’outil proposé par le CRDP de Poitiers: le logiciel CERISE permettant la mise en place du LPC numérique est totalement sécurisé, déclaré à la CNIL, accessible en ligne aux enseignants, élèves, parents par internet. Le ministère a expliqué qu’il n’y avait aucun risque de fichage des élèves, qu’aucune donnée ne serait exportée pour un usage qui ne serait pas conforme à l’objectif d’évaluation des compétences.
Le ministère ne cherche pas à passer en force sur ce dossier ; prudent, il a répété qu’il refusait la précipitation dans la mise en œuvre du LPC. Il sait parfaitement que cet « outil » est rejeté par nos collègues.
Par contre, il recherche l’appui de certaines organisations syndicales pour « faire avaler la pilule ».Voilà ce qu’ont dit les représentants des autres organisations syndicales pendant l’audience : le SNUIPP représenté par son secrétaire général (Sébastien Sihr) a déclaré : « le LPC est un outil d’aide précieux à l’évaluation pour nos collègues, le logiciel CERISE présente un réel intérêt, les collègues demandent de la cohérence en particulier dans la manière de le remplir. Nous réclamons plus d’accompagnement et de formation pour les enseignants et demandons que les écoles soient équipées en ordinateurs pour la faisabilité de cette opération. »
Le SE-UNSA a déclaré : « nous sommes d’accord avec l’intervention de Sébastien Sihr » et a insisté pour que des critères d’évaluation partagées soient mis en œuvre nationalement, pour faire un LPC « républicain », le même pour tous sur tout le territoire…. Quant au SGEN-CFDT, l’intervention faite a mis en cause les programmes de 2008 et pour le reste n’était pas très compréhensible.
Le SNUDI FO a été la seule organisation syndicale à indiquer au Ministère qu’il était opposé à la mise en œuvre du LPC, qu’il ne souhaitait pas la disparition du livret scolaire et à dénoncer le processus d’autonomie renforcée des établissements scolaires induit par le LPC.
Pour le SNUDI FO l’allègement des tâches des enseignants passe par l’abandon du livret personnel de compétences et le libre choix des outils d’évaluation de leurs élèves.
Le Ministère a reconnu que 2011-2012 serait, à nouveau, une année d’expérimentation sans obligation d’application du LPC numérique !
Livret Personnel de Compétences (LPC) sous forme numérisée
Communiqué du Snudi FO
Le Ministère reconnaît les problèmes soulevés dans sa mise en place
et annonce que l’année scolaire 2011-2012 restera encore expérimentale !
Le 21 juin, le ministère de l’Education nationale a invité l’ensemble des organisations syndicales du 1er degré pour leur présenter la nouvelle version du LPC (Livret Personnel de Compétences) afin « d’adosser le livret scolaire sur un livret de référence numérique dénommé LPC numérique ».
Alors que la circulaire de rentrée annonce que « l’année scolaire 2011-2012 verra la généralisation de la version informatisée du livret personnel de compétences à l’école primaire… », le ministère est obligé de constater « l’incompréhension des collègues » et reconnaît « la surcharge de travail pour les enseignants qui devraient actuellement remplir deux livrets, le livret scolaire et le LPC ».
Le ministère préconise d’abandonner la version papier du livret scolaire au profit du seul LPC qui pourrait être « adapté au contexte local ».
Le livret Personnel de Compétences deviendrait la « cerise sur le gâteau »
des contre-réformes ministérielles !
L’outil proposé par le Ministère serait le logiciel CERISE (espaCE numeRIque de Suivi et d’Evaluation) qui permettrait la mise en place et l’application du LPC numérique.
Le SNUDI-FO a clairement indiqué au Ministère qu’il était opposé à la disparition du livret scolaire dont la forme n’est pas imposée et respecte la liberté pédagogique des maîtres dans le cadre des programmes nationaux d’enseignement.
A contrario le LPC, outil de « l’école du socle commun » préconisée par le rapport Reiss, vise à conformer les pratiques pédagogiques des enseignants, à mettre les établissements en concurrence et à marquer de façon quasi indélébile les parcours scolaires des élèves.
Pour le SNUDI FO la « surcharge de travail » et « l’incompréhension des enseignants » ne sont pas dues à l’existence du livret scolaire (malgré les tentatives de certains IEN et IA de vouloir le transformer en un livret « formaté ») mais bien à la volonté d’imposer un LPC qui ne répond en aucun cas aux besoins des élèves et des enseignants.
La Lettre de l’Education elle-même, du 13 juin 2011, ne reconnaît-elle pas que « le livret de compétences s’enlise », parce que « l’évaluation par compétences (est) très contestée dans ses fondements » !
Pour le SNUDI FO l’allègement des tâches des enseignants passe par l’abandon du livret personnel de compétences et le libre choix des outils d’évaluation de leurs élèves.
Les enseignants n’ont pas besoin de « cerise » pour « suivre et évaluer leurs élèves » !
Le Ministère a reconnu que 2011-2012 serait, à nouveau, une année d’expérimentation sans obligation d’application du LPC numérique !
Montreuil, le 23 juin 2011