Montreuil, le 9 janvier 2009
à Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l’Education nationale
Objet : « Evaluation des acquis des élèves
en français et mathématique enCE1/CM2 »
Monsieur le Ministre,
Nous voudrions attirer votre attention sur les difficultés et les inquiétudes que génèrent, pour nos collègues, les évaluations nationales CE1/CM 2.
Vous avez annoncé que cette évaluation remplacerait l’évaluation de début de 6ème pour permettre un pilotage du système éducatif. Il a toujours été dans les missions des enseignants d’évaluer leurs élèves dans le cadre des programmes nationaux d’enseignement et dans le respect de leur liberté pédagogique.
Ces évaluations devraient être organisées à moins de la moitié de l’année scolaire et porter sur la totalité du programme annuel du CM 2. Quelle pertinence peuvent avoir de telles évaluations ? Quelle appréciation des résultats des élèves peut-on tirer d’évaluations organisées alors qu’une partie du programme n’aura pas été traitée ?
Vous comprendrez les interrogations des enseignants quant à ces modalités qui conduiraient à des résultats faussés et susceptibles d’entraîner des interprétations tendancieuses.
D’autant plus qu’aucun temps n’est pour l’instant dégagé pour permettre la saisie des résultats sans occasionner une surcharge de travail dans une année scolaire déjà fortement marquée par la mise en œuvre, entre autres, du décret du 30 juillet.
Nous ne pouvons que mettre en perspective les déclarations ministérielles sur l’autonomie des établissements et la proposition de loi portant création des EPEP avec la publication de ces résultats qui conduirait inévitablement à une mise en concurrence des écoles qui ne serait profitable ni aux personnels, ni aux élèves.
C’est pourquoi nous vous rappelons notre totale opposition à la publication des résultats de ces évaluations que ce soit de CE1 ou de CM2 école par école.
Nous vous demandons pour toutes ces raisons d’annuler les évaluations prévues au CM 2 et au CE 1.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.
Norbert TRICHARD
Secrétaire général