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Lundi 8 juin 2009

Compte-rendu de l’audience du 27 mai avec le préfet de la Vienne

 

 

Une délégation d’enseignants et d’EVS  accompagnée de FO, et composée de :

- Alain Barreau, secrétaire générale de l’Union Départementale des syndicats FO,

- Fabien Vasselin, enseignant à Rouillé et secrétaire départemental du SNUDI-FO86,

- Céline Delplanque, enseignante à Voulon et secrétaire départementale adjointe de la FNEC-FP-FO,

- Laurent Dubois, EVS à St Gervais les Trois Clochers François Rabelais, et membre du Conseil Syndical du SNUDI-FO86

- Anne Lepere, EVS à l’école élémentaire de Queaux,

- Sarah Lecocq, enseignante à Jules Ferry Châtellerault, et représentante de la Bibliothèque Centrale Maternelle (BCM),

- Anne Fillonneau, enseignante à Saint Benoit L’Ermitage, et représentante de la Bibliothèque Pédagogique de Tony Lainé.

a été reçue le mercredi 27 mai par :

M. Tomazini, Préfet de région

Madame Frackowiak, directrice de cabinet de M. le Préfet

 

A l’ordre du jour de l’audience accordée par le préfet :

- la suppression des postes permettant le fonctionnement des Bibliothèques Pédagogiques (BP) de la Vienne et de la BCM.

- la suppression de 19 postes des RASED

- le licenciement de plus 250 EVS/AVS de la Vienne au 30 juin.

 

L’audience avait été demandée au préfet en sa qualité de représentant des services de l’Etat dans le département, et également en tant que signataire de la carte scolaire, faute de réponse satisfaisante de la part de services de l’Education Nationale du 86 aux revendications des salariés. Il avait été remis le 31 mars à l’IA  130 motions d’écoles demandant la restitution des postes des BP et BCM. La délégation reçue à la préfecture avait en sa possession plus de 800 signatures sur la pétition EVS /AVS, et 32 motions de soutien adressées au préfet sur les RASED, BP et EVS/AVS.

 

Préambule :

Dans le cadre de la journée nationale de mobilisation des EVS, la délégation intersyndicale qui avait demandé à être reçue par le Premier Ministre Françoise Fillon, ce 27 mai pour porter les revendications, se voyait adressé un refus et il lui était conseillée de s’adresser au ministère de l’Education Nationale.

Dans de nombreux départements, des délégations se voyaient également refuser d’être reçues par les services. Dans le Vaucluse le Préfet laissait la délégation à la porte.

Dans ce contexte, comment commencer ce compte-rendu sans parler de l’accueil réservé aux personnes venues soutenir la délégation ? Pour la trentaine de personnes 5 voitures de police, et ordre de descendre du trottoir.  Le ton était donné EVS/AVS vous n’êtes pas assez bien pour le trottoir de M. le préfet votre place est dans le caniveau, tout cela devant des journalistes sidérés…

Décidément ce dossier, le licenciement fin juin de 32 000 EVS après avoir servi durant 3 ans l’Education Nationale, suscite de délicates intentions de la part des pouvoirs publics, mais pas ceux espérés par la délégation !

 

Bibliothèques Pédagogiques et Centrale Maternelle, et RASED

 

La délégation a commencé à présenter ces revendications au Préfet et sa directrice de cabinet, considérant la place prise par le Préfet dans la validation de la carte scolaire adopté en mars.

Le Préfet, coupa court très rapidement dans le ton de l’accueil réservé à l’extérieur. « On va pas parler de tous les postes supprimés, c’est un débat qui a déjà eu lieu avec la rectrice. Il ne m’appartient pas, j’en ai pas le pouvoir, de revenir sur ces décisions. » 

Ces décisions ne sont pas de son ressort, nous n’allons pas discuter poste après poste, il ne représente pas l’Education Nationale. En tant que représentant de l’Etat il fera remonter nos revendications, et on l’espère les motions que nous lui avons adressées. Son rôle dans la carte scolaire se limite à signer ce qu’on lui donne à signer point.

«  Les personnes adéquats sont la rectrice et l’IA. Les orientations pédagogiques sont de leur compétence et pas de la mienne. » »

A la fin de l’audience la délégation reviendra sur ces sujets pour déplorer la façon dont sont traitées les préoccupations des salariés, tant pour leurs conditions de travail que pour l’école publique. Il nous a été répondu que l’Etat devait tenir ses finances et que donc ces mesures se justifiaient. La délégation a fait observer que ces mesures contre les salariés, y compris EVS, et les élèves, seront dans l’avenir un fardeau bien plus lourd que celui de la dette.

 

Le SNUDI-FO86 continuera à demander la restitution de tous les postes RASED et Bibliothèques Pédagogiques. Sur ce dernier point à l’issu de l’audience il a été décidé de s’adresser directement au Ministre afin de l’informer des conséquences des suppressions des deux postes et demi. Le SNUDI-FO86 appelle les collègues mobilisés pour la défense de leur BP à prendre contact avec le syndicat.

 

EVS / AVS

 

Pas de pérennisation, pas de prolongation,

sauf pour les plus de 50 ans et les personnes en situation de handicap.

 

Pas de surprise, le discours est exactement le même que celui de M. Kaiser, directeur du lycée de Bressuire. Ces contrats n’ont jamais eu pour objectif d’être pérennisés. Il nous explique que depuis la signature de leur contrat les EVS sont informés qu’il ne durera que maximum 3 ans et que depuis la signature ils devaient chercher un autre emploi.  On nous concède qu’ils ont peut-être très bien fait le travail, mais c’est la loi et c’est comme ça.

«  Ce sont des contrats à durée très déterminée. Contrats aidés. »

La délégation insistera sur ce qu’ont de « déplaisant » (le mot est faible) ces discours à l’heure où tant de salariés sont laissés sur le carreau car leurs entreprises licencient ou délocalisent. Nous expliquons ce qu’il y a de choquant d’entendre les pouvoirs publiques montrer du doigt les mauvais employeurs du privé, quand dans le même temps il agit ainsi avec ses salariés.

Il nous est donc confirmé que fin juin 930 EVS en CAV ou CAE seront au chômage.

Nous lui remettons les motions et les pétitions « que je ne mettrai pas à la poubelle, elles seront transmise au ministère » nous rassure le Préfet. Nous lui précisons que des élus ont signés cette pétition. Il nous apprend que de nombreux élus (maires et parlementaires) l’ont interrogé sur ce dossier et que de nombreux préfets, dont ceux de la région, ont interpellé dans une lettre le ministère à ce sujet. Dans son discours nous comprenons que ce dossier est une « patate chaude » qui dérange.

Le Préfet nous explique qu’avec ses collègues ils ont interrogé l’Etat pour demander des possibilités de dérogation afin de pouvoir prolonger certains contrats (notamment pour l’ASEH, la scolarisation des enfants handicapés) au-delà des 36 mois légaux, où l’arrêt brutal des contrats sera le plus dommageable.

M. le préfet nous annonce ensuite que les personnes de plus de 50 ans seront reconduites un an, peut-être deux. Interrogé sur le sort des EVS en situation de handicap, il nous est répondu qu’ils bénéficieront des mêmes conditions : ceux qui le souhaiteront pourront être prolongés. Sur 1200 EVS en CAV pour l’Académie, et en fin de contrat fin juin, 270 seront donc prolongés, 930 étant licenciés (même si le Préfet n’approuve pas l’emploi de ce terme : « ce n’est pas un licenciement, c’est une fin de contrat c’est tout…. »).

 

Rappelons concernant les 270 prolongations qu’il s’agit ni plus ni moins qu’un droit prévu par les contrats de travail d’aller jusqu’à 60 mois de contrat pour ces salariés. Le SNUDI-FO86 se félicite que ces droits, qu’il a à de nombreuses reprises rappelé, soient respectés ! Néanmoins c’est très largement insuffisant. Le syndicat rappelle sa position : prolongation pour tous, pérennisation statutaire pour ceux qui le souhaitent, revalorisation salariale, et respect des obligations de formation par l’employeur.

 

Formation : les attestations, c’est de la formation !

 

Sur les 930 CAV arrivant en fin de droit le 30 juin, le préfet nous dit qu’un nombre très important d’entre eux ont reçu une formation. Interloqués, nous lui demandons : « Combien ? ». Il annonce que 625 personnes ont reçu une formation, soit 67%.

« Quelle formation ? ». Ceux sont les chiffres que lui a communiqué le Rectorat : « 625 CAV ont fait une attestation de formation et de compétence. ». La délégation n’en revient pas (les EVS et les directeurs, apprécieront très certainement également)! Nous lui avons immédiatement rappelé dans quelles conditions elles ont été faites. Que les directeurs ont fait le travail du Pôle Emploi ! Et que ce n’est pas ce que les salariés étaient en droit d’attendre comme formation lorsqu’ils ont signé leur contrat. « Qui peut appeler cela formation Monsieur le Préfet ? »

« Ces personnes ont la possibilité de passer les concours comme toutes les autres du pays. »

« Le problème, avons-nous expliqué, c’est qu’il y a une escroquerie de la part de l’Education Nationale : on a sous payé des personnes, en leur disant en contrepartie qu’ils auraient une formation… Pendant 3 ans vous allez être mal payés, mais après vous pourrez retrouver un vrai emploi car on va vous former ! Mais les salariés n’ont rien vu sinon les fins de mois difficiles. Donc maintenant c’est légitimement qu’ils demandent de conserver leur emploi, où ils ont fait leur preuve, et ils demandent à être mieux payés et enfin formés. Savez-vous Monsieur le Préfet que lorsque le Pôle Emploi propose des stages de recherche d’emploi, l’Education Nationale les propose aux EVS en les renommant FORMATION ? ».

Nous lui avons demandé quelle valeur avaient sur le marché du travail les attestations de formation et compétence : le Préfet nous a assuré que Pôle Emploi aurait la plus grande attention pour ce certificat afin d’aider dans les démarches de recherche d’emplois et sélectionner les offres et entretiens mis à dispositions. « Cela sera un atout » nous a-t-on dit, oubliant que les contrats sont signés par des patrons et non par Pôle Emploi. 

«  Comment sont ces attestations, j’en sais rien. Mais c’est déjà une preuve que les choses ont été menées» nous répond le préfet.

M. le Préfet reconnaît quand même que l’éducation Nationale n’a pas rempli totalement la partie formation du contrat. Le message est clair « La seule chose où il y a eu une lacune importante, c’est qu’ils devaient [les contrats aidés] s’accompagner d’une formation. C’est valable pour tous les contrats aidés. Là, c’est vrai que tous n’ont pas eu de formation. »

L’éducation nationale ne respecte pas la loi mais ce n’est pas grave…

Nous insistons sur le fait qu’il y a de l’argent depuis des décennies, pour pérenniser la précarité à travers des contrats aidés, pour en reprendre en septembre 2009, mais pas pour créer de vrais postes à la place.

Nous rappelons l’urgence d’action devant la grogne qui monte et que nous voyons grandir de jours en jours.

Comme son prédécesseur le Préfet nous assure que pour les prochains contrats aidés signés dans l’Education Nationale, le problème de la non-formation sera réglé, un dispositif est à l’étude. Comme l’année dernière et l’année d’avant constatons-nous.

En guise de conclusion une belle leçon de solidarité nous est administrée : « ceux qui ont profité du système doivent laisser la place aux autres, c’est normal, c’est la solidarité républicaine ».  Bref, vous étiez au chômage, on vous en sort (tout en vous rémunérant à peine quelques euros au dessus du seuil de pauvreté) vous y retournez et ne soyez pas ingrats, remerciez-nous…

 

Le SNUDI-FO86 dénonce une nouvelle fois le déni observé. Alors que nous parlons de centaine de salariés renvoyés au chômage, alors que nous parlons de la scolarisation d’enfants handicapés, alors que nous parlons de l’école publique, les pouvoirs publics refusent d’entendre les revendications et de traiter le dossier autrement qu’avec une sorte de mépris.

 

En 1 mois beaucoup de choses se passent…. Il nous reste un mois pour sauver les emplois des EVS et des AVS. Ce n’est pas fini.

 

 

NON A LA PRECARITE !

AVS / EVS NOS ECOLES ONT BESOINS D’EUX !

 

Aucun contractuel au chômage fin juin

Transformation de tous les emplois contractuels

en emploi statutaires à temps plein de la fonction publique

Accès à des formations professionnelles qualifiantes et diplômantes.

 

Signez, faites signer la pétition. Rejoignez le SNUDI-FO pour la défense de vos droits.

 

Laurent Dubois et Fabien Vasselin
Publié dans : EVS/ASEH/CAE/ CAV / AVS / AE
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